Diapositive 1
numerev

Catalyseur de science ouverte

Catalyseur de science ouverte

Catalyseur de science ouverte

Revue TDFLE n°81 - Actualité de l’enseignement de la grammaire en français langue étrangère : permanence, minoration ou renouveau ?

Logo-TDFLE
Catégorie
Appel à contributions
Date
samedi 15 octobre 2022
Email
Site internet
Répondre à l'appel

Actualité de l’enseignement de la grammaire en français langue étrangère :

permanence, minoration ou renouveau ?

Coordonné par Rose-Marie Volle (Université Paul-Valéry Montpellier 3)

La place de la « grammaire » aujourd’hui en didactique des langues relève-t-elle de l’histoire d’une ferme permanence ou d’une progressive minoration ? Dans quelle mesure se réinvente-t-elle en fonction des enjeux actuels de la didactique des langues ?

Le tournant du XX° siècle marque avec l’avènement de la méthode directe le début d’une forme de méfiance vis-à-vis de l’enseignement de la grammaire dans l’histoire des méthodologies. En effet, la grammaire explicite et déductive des approches traditionnelles est soupçonnée d’alourdir inutilement l’apprentissage en développant une compétence d’analyse de la langue au détriment d’une réelle capacité à parler la langue. Dès lors, l’enseignement des langues sera moins porté par un idéal de formation intellectuelle telle que pouvait l’incarner l’enseignement des langues anciennes que par que par un impératif d’efficacité communicative. Dans cette perspective, la méthode directe, jamais réellement appliquée, et les méthodes audio-orales et SGAV optent pour une grammaire implicite censée imiter les processus d’acquisition et le « bain linguistique ». Or les approches communicatives marquent un retour à la grammaire explicite qui entérine l’impossibilité de faire l’impasse sur une description grammaticale, la situation de classe ne pouvant reproduire « la vie réelle ». Alors qu’il ne s’agit plus d’enseigner « seulement » une langue mais une compétence à communiquer dans laquelle la compétence linguistique n’est qu’une partie d’une compétence de communication plus large, il faut souligner que le linguistique reste au cœur des différentes composantes de la compétence de communication. En effet, les compétences « pragmatique », « textuelle » et « socioculturelle »  restent fondamentalement ancrées dans les sciences du langage avec respectivement la linguistique pragmatique, la grammaire textuelle et la sociolinguistique. Par ailleurs, l’écart entre principes méthodologiques et la réalité des pratiques est signifiant : si les approches communicatives visaient une refonte de l’enseignement de la grammaire autour de la notion d’acte de parole censé bouleverser la progression de la grammaire traditionnelle par les regroupements fonctionnels ou notionnels (Bérard & Lavenne 1994), les manuels publiés pendant cette période restent au fond organisés par les parties du discours de la grammaire traditionnelle.

Qu’en est-il à partir des années 2000 avec la diffusion du CECR ? Le cadre, de façon implicite, remet au goût du jour une certaine méfiance vis-à-vis de l’enseignement de la grammaire. En premier lieu, il dilue les contenus linguistiques dans une compétence interculturelle et plurilingue aux contours plus flous et dont cette fois la définition n’est plus ancrée dans les sciences du langage. Maurer constate « la minoration des compétences linguistiques dans l’apprentissage des langues » du fait d’une relégation de l’apprentissage de la grammaire et du lexique à une place secondaire au profit d’une éducation interculturelle et plurilingue. » (Maurer 2011). Le volume complémentaire au CECR publié en 2018 se défend de n’avoir jamais « suggéré l’arrêt de la grammaire » et reconduit pourtant une approche actionnelle centrée sur les « tâches dont l’objet n’est pas la langue ». Là encore, l’écart entre principes didactiques et réalité des pratiques mérite d’être interrogé :  les manuels se réclamant de l’approche actionnelle semblent suivre encore une progression grammaticale fondée sur les parties du discours. S’y repèrent toutefois une description grammaticale minimaliste et une quasi disparition de la compétence textuelle éclairée par la grammaire textuelle. Parallèlement, les enquêtes sur les pratiques de classe des enseignants témoignent de la place encore importante accordée à la grammaire (Fougerouse 2001).

Entre principes méthodologiques confus et hétérogénéité des pratiques, quels sont les enjeux actuels de l’enseignement de la grammaire ? Les articles attendus éclaireront l’actualité de l’enseignement/apprentissage de la grammaire selon les axes suivants :

1. Les discours sur la grammaire : Quelle place est donnée à la grammaire dans les discours qui circulent aujourd’hui à la fois dans la sphère institutionnelle liée à l’enseignement des langues, dans les représentations des enseignants et des apprenants mais aussi dans les discours ordinaires ? Comment ces discours tissent-ils un corpus de valeurs voire une idéologie autour de l’enseignement de la grammaire ?

2. Théories linguistiques et enseignement de la grammaire : Quelles théories linguistiques pourraient tenir lieu de référence pour éclairer l’enseignement/apprentissage des langues aujourd’hui ? En quoi par exemple la grammaire comparée pourrait-elle nourrir la prise en compte des langues premières des apprenants ? Ou encore que pourrait apporter la linguistique de l’énonciation à une didactique de la parole en classe de langue ? Que dire d’un éventuel retour à la grammaire textuelle ?

3. Processus cognitifs et grammaire : Quelles descriptions des processus cognitifs permettent d’interroger les enjeux de l’apprentissage de la grammaire pour un sujet notamment sur le plan de la distance métalinguistique qu’implique la description grammaticale ?  

4. Inventivité des pratiques de classe et grammaire : Quelles pratiques de classes, avec quels supports et quelles démarches peut-on trouver dans les classes aujourd’hui pour réinventer le lien entre enseignement de la grammaire et expression orale et écrite ? Quels liens tisser par exemple entre grammaire et littérature/écriture ? En quoi le numérique pourrait-il renouveler l’enseignement de la grammaire ?

Ce numéro est ouvert à des réflexions inscrites dans le champ du français langue maternelle et de la didactique des langues étrangères dans la mesure où celles-ci viendraient faire écho aux enjeux propres à l’enseignement de la grammaire en FLE.

Bibliographie indicative

BESSE H., PORQUIER R., Grammaires et didactique des langues, Paris, Hatier/ Didier, 1991

BERARD E., LAVENNE C., Grammaire utile du français, Paris, Didier, 1994

BENVENISTE E., Problèmes de linguistique générale, Paris, Gallimard. (2010 [1966])

GERMAIN C., Evolution de l’enseignement des langues : 5000 ans d’histoire, Paris, Clé international, 1993

CECRL. (2000). Strasbourg : Conseil de l’Europe.

CECR Volume complémentaire avec de nouveaux descripteurs (2018). Strasbourg :  Conseil de l’Europe.

CHISS J-L,DAVID J., Didactique du français, Enjeux disciplianuires et études de la langue, Paris, Armand Colin, 2018

FOUGEROUSE M-C., « L'enseignement de la grammaire en classe de français langue étrangère », Éla. Études de linguistique appliquée, vol. no 122, no. 2, 2001, pp. 165-178.

HUMBOLDT W. (1974 [1830]) Introduction à l’œuvre sur le Kavi et autres essais, Paris, Le Seuil.  

MAURER B.  Enseignement des langues et construction européenne – Le plurilinguisme, nouvelle idéologie dominante. Paris : Éditions des Archives Contemporaines. 2011

 
 
Logo pied de page
Accéder au site du CNRS
Accéder au site de l'université Paul-Valéry Montpellier 3
Accéder au site de la Région Occitanie
Accéder au site Montpellier Méditerranée Métropole
Accéder au site du LERASS
Logo-numerev-baspage

Catalyseur de science ouverte

Recevoir la newsletter

 

 

logo mshsud horizontal

© 2016-2022 numerev - MSH-Sud